Le bonnet enfoncé
Jusqu'au creux de mon nez
Les oreilles transies,
J'accélère le pas
Pour retourner chez moi,
Sous la bourrasque aigrie,
Qui engourdit mes doits.
Tout est gris, tout est bas,
Le ciel, les champs, les bois.
Je pense au sans abri
Qui n'a pas de maison,
Qui passera dehors
Pour une fois encore
Une trop longue nuit
Dans la froide saison.
Sa voix, comme souvent,
Restera suspendue
Pendant de longs moments
Sous le couvert des nues.
Il y a décalage
Entre le monde et lui.
Il scrute l'infini.
Il ressemble à un sage
Avec ses cheveux gris,
Sa barbe drue, fournie.
Il a pourtant suivi
Le cursus de la vie.
Il a fait son école
Selon le protocole
Avant d'être au boulot,
Performant aux travaux.
Maintenant, en solo,
Ce drôle d'écolo,
Pour vivre le présent,
Sans prévoir l'avenir,
Se contente des vents
Du tropique ou du givre.
Il a besoin de paix,
Besoin de solitude.
Je crois qu'il a trouvé.
Il vit en plénitude.
Pas facile, sa route !
Mais, je n'ai plus de doute
A propos de son choix,
Même quand il fait froid.
Il a mis de côté
Ce qui peut perturber.
Pourquoi consulter l'heur ?
Le temps qui s'offre à lui,
Suffit à son bonheur.
Pas de fil à la patte.
Son Natel déchargé
Attend au fond du sac.
Pourquoi l'utiliser ?
Comme il fera demain,
Il traverse aujourd'hui
Du pas du promeneur,
Tout ce qui fait sa vie.
Antoine (15 février 2015)
Liens directs | |||
Qui sommes-nous ? |
Activités |
Santé |
Politique sociale |